Les drones marins, futurs envahisseurs de nos océans ?

mbotte novembre 21, 2018

Jusqu’à présent, nous pouvions rencontrer dans les fonds marins des ROV (remotely operated vehicle), que l’on pourrait traduire par “véhicule sous-marin téléguidé”. Ceux-ci, reliés à un opérateur, généralement par un fil, se voient peu à peu être remplacés par les AUV (Autonomous Underwater Vehicle). Ces drones marins permettent une liberté et des possibilités décuplées dans l’exploration des fond marins, difficilement accessibles pour l’homme et encore inconnus à 75% !

Pour rappel, un drone ou Unmanned Aerial Vehicle (UAV) est un aéronef sans passager ni pilote qui peut voler de façon autonome ou être contrôlé à distance depuis le sol. En français, nous ne faisons pas de différence entre les drones aériens, terrestres ou marins, mais le mot est en réalité mal utilisé. Le concept est apparu pendant la Première Guerre Mondiale, où des prototypes d’avions sans pilote et radiocommandés ont vu le jour. S’en est suivi l’apparition des drones marins, là encore dans une utilisation militaire.

C’est en effet une des premières fonctionnalités des drones marins. Lutte sous-marine, espionnage des flottes ennemies, déminage des fonds marins…grâce à leur autonomie, leur discrétion et leur capacité, ils peuvent être utilisés pour de nombreuses missions, pilotés depuis la terre ou un navire.

Le DriX, drone d’iXblue par exemple, peut opérer de manière continue pendant 5 jours à la vitesse de 7 nœuds et 10 jours à 4 nœuds, ainsi qu’acquérir des données à une vitesse supérieure à 10 nœuds. (Source : meretmarine.com). Cela représente une forte réduction des coûts opérationnels pour l’armée. Il peut aider dans les missions d’espionnage et dans la lutte anti-sous-marine, grâce à ses signature radars et thermiques réduites ainsi que sa navigation indépendante du bateau mère. L’armée française utilise aussises drones dans l’aide au déminage. En effet, ils ont la capacité de détecter et localiser des mines puis de transmettre un signal pour lancer l’intervention d’un robot démineur. Cette technologie vient contrer les difficultés de transmission et de communication rencontrées à des profondeurs extrêmes.

Puis au fur et à mesure des années, les drones se sont développés pour un usage civil. A leurs débuts fortement plébiscités dans l’exploitation offshore et la surveillance des installations pétrolières, ils se sont fortement multipliés : fouille archéologique, cartographie, surveillance des espèces marines...Ces drones ont permis de nouvelles possibilités mais ont aussi pu remplacer l’homme dans des endroits inaccessibles. L’Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer) a, par exemple, chargé ECA Group de concevoir un engin capable d'atteindre une profondeur de 6 000 mètres afin de cartographier le plancher océanien. Depuis mi-juillet 2018, vous pouvez aussi croiser près des côtes Toulonnaise, le Sphyrna. Ce drone peut suivre pendant de longues heures le déplacement des cachalots et capter les sons avec ses cinq micros sous-marins sur un rayon de 10 km et une profondeur de 2.000 mètres. Auparavant impossible, cette technologie va permettre d’étudier le comportement et les déplacements de l’espèce.

Pour encourager ces avancées et répondre aux besoins de plus en plus exigeants, les constructeurs les rendent toujours plus autonomes, plus intelligents, plus maniables. Le dernier drone de Boeing permettant de cartographier les fonds marins, peut désormais atteindre 3600 mètres de fond avec une autonomie de 12000km.

En améliorant la fiabilité de ces objets sous-marins leur place va prendre de plus en plus d’importance dans le milieu militaire ainsi que civil. Même s’il est encore difficile d’imaginer les drones tirer des missiles ou des torpilles, nous pouvons largement les imaginer remplacer petit à petit les sous-marins. C’est d’ailleurs ce qu’a commencé à faire l’US Navy en confiant à ses drones la surveillance du réseau mondial de communication, en remplacement de ses sous-marins d’attaque.

A une échelle plus proche, vous pouvez vous procurer le premier drone sous-marin autonome et sans-fil, adressé au grand public depuis octobre 2018 : Ibubble. Il vous permettra de filmer les fonds marins avec une capacité d’une heure et une profondeur de 60 mètres pour la modique somme de 3.999€. A vous les souvenirs de vacances !

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